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Mwenga : Après la mort d'un creuseur artisanal, la sécurité minière de nouveau pointée du doigt

Le drame s’est noué dans le silence étouffant des entrailles de la terre. Mardi matin, sur le site aurifère de G15 à Luliba, un creuseur artisanal a trouvé la mort après avoir manqué d’oxygène dans un puits d’extraction, relançant avec force le débat sur les conditions de travail dans les mines artisanales du Sud-Kivu.

La victime, Lussu Mwendelwa, 39 ans, connu sous le nom de Ndevu Late et originaire de Kamituga, s’était rendue comme à l’accoutumée sur le site avant l’aube. Selon plusieurs témoins, il avait quitté son domicile aux environs de 4 heures du matin, accompagné d’un collègue, avec l’espoir d’une journée productive dans ce secteur où chaque descente peut être synonyme de survie… ou de mort.

Arrivés au puits, les deux hommes se sont engagés dans les profondeurs étroites et mal ventilées. Mais très vite, la situation a basculé.

« Il était devant. À peine descendu, il a commencé à suffoquer. Il a crié qu’il manquait d’air », rapporte un creuseur présent sur le site. Malgré l’alerte lancée, il était déjà trop tard. Le manque d’oxygène a eu raison de lui avant toute tentative de secours efficace.

Ce nouvel accident mortel vient s’ajouter à une série noire qui frappe les exploitations artisanales de la région. À Mwenga, les incidents liés à l’insécurité des puits se multiplient, souvent dans l’indifférence ou l’impuissance des autorités locales.

Du côté de la société civile, l’indignation est palpable.

« Aller au travail et revenir vivant devient presque un privilège dans ces conditions », déplore Milenge Mukamba Henri, coordinateur du cadre de concertation de la société civile de Mwenga.

Pour lui, ce drame n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un système défaillant où la vie humaine pèse peu face à la quête de l’or.

Il appelle à une réaction urgente des services compétents, notamment du Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE). L’enjeu, insiste-t-il, est double : certifier les sites conformes et intensifier la sensibilisation des exploitants sur les normes minimales de sécurité.

Sur le terrain, pourtant, les réalités restent inchangées. Puits étroits, absence de systèmes de ventilation, équipements rudimentaires… les creuseurs continuent de descendre chaque jour dans des conditions précaires, exposés à des risques permanents d’asphyxie, d’éboulement ou d’inondation.

Alors que les appels à la régulation se multiplient, une question demeure, combien de drames faudra-t-il encore pour que la sécurité des creuseurs devienne une priorité réelle sur les sites miniers du Sud-Kivu ?

La Rédaction

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